SITUATION PLUVIOMETRIQUE EN GUINEE

( du 1er Janvier au 30 Novembre 2002)  

 En Guinée, la situation pluviométrique au cours de cette année a été caractérisée par l’arrivée tardive de la pluie sur la Basse-Guinée et la Moyenne-Guinée ; C’est à la 2ème décade de Mai 2002 que les premières pluies se sont annoncées, accusant un retard de 10 jours comparativement à l’année précédente.

En Haute-Guinée et en Guinée-Forestière, elles se sont manifestées à la 3ème décade d’Avril et à la 3ème décade de Février respectivement avec 10 à 20 jours d’avance par rapport à l’année 2001. 

Cette année exceptionnellement la pluviosité a été nulle de Janvier à Avril sur l’ensemble du territoire national sauf quelques régions forestières ayant accumulé de façon éparse quelques gouttes. Cette situation a occasionné un déficit généralisé sur l’ensemble du territoire jusqu’à la mi - Juillet.

 En effet, le déplacement de la zone de convergence intertropicale sur le territoire national est responsable de la rentrée précoce ou tardive de la saison des pluies. Au cours de sa migration Sud-Nord, elle traverse progressivement les régions forestières d’habitude au cours du mois de Février ; les régions septentrionales quant à elles sont traversées 3 à 4 mois plus tard selon les cas.

 La reprise des pluies a permis d’affirmer que la véritable saison des pluies a presque commencé à la 3ème décade de Mai sur l’ensemble du territoire alors que la saison culturale au cours de laquelle sont pratiquées toutes les activités dure de Mai à Octobre. En général, c’est pendant cette période que plus de 90% de la pluviométrie annuelle enregistrée tombe sur le pays. La caractéristique de la saison2002 a été la poursuite des activités pluvio-orageuses au delà du mois d’Octobre sur presque l’ensemble du pays.    

C’est à partir de la 3ème décade de Juillet  que des précipitations modérées à fortes enregistrées ont comblé le déficit pluviométrique au niveau de plusieurs localités du pays.

 Le cumul saisonnier a atteint 3618.9 mm en 120jours  à Conakry et 765.1 mm en 85 jours à Koundara. Les plus faibles quantités d’eau cumulées ont été observées à Koundara et une partie du Nord-Est du pays accusant des valeurs situées entre 600mm à 1000mm comme illustrées sur la carte n°1. 

Comparaison par rapport à la Normale 1971-2000

 Comme illustré sur la carte n°2, c’est presque la moitié du pays qui accuse un déficit plus ou moins remarquable ; ce déficit s’étale latéralement du littoral en passant par les régions septentrionales et toute la savane guinéenne avec un maximum de 35% à Koundara.

 A signaler que c’est seulement les régions forestières et la partie Sud-Ouest de la zone foutanienne que les excédents se font remarquer avec plus de 25% à Macenta. Les zones normales s’étalent de la partie Sud-Ouest du Foutah à la lisière de la forêt.

 

Malgré ces importantes quantités recueillies à travers le pays à partir de fin Juillet, la situation générale est restée déficitaire à normale  dans l’ensemble par rapport à la moyenne climatologique 1971 – 2000.

 

 Les déficits plus accentués ont été constatés à Coyah, Koundara, Mali et Kouroussa avec plus de 20%. La zone de Fria, le Nord du plateau central du Fouta et la zone forestière ont été positifs.

 Comparaison par rapport à l’année 2001

Par rapport à l’année dernière 2001 carte n°3, la situation est normale à excédentaire dans la zone forestière et la partie Sud du Foutah, le reste est quasi-déficitaire.

 Situation par région naturelles :

Dans les quatre régions naturelles du pays les caractéristiques pluviométriques de cette année ont été les suivantes :

 

Basse-Guinée : Zone à grande pluviosité, il a été enregistré une quantité moyenne de 2642.1mm en 125 jours contre une normale de 2952.2mm ; le maximum a été observé à Conakry avec 3618.9mm en 120 jours et le minimum à Kindia avec 1817.7 en 130 jours.

 

Moyenne-Guinée : Il est tombé dans cette zone montagneuse en moyenne 1260.4mm d’eau en 107 jours contre une normale de 1500.4mm. La plus grande quantité a été enregistrée à Labé avec 1496.2mm en 110 jours et la plus petite à Koundara avec 765.1 en 85 jours.

 

Haute-Guinée : Cette zone savaneuse a reçu en moyenne 1272.1mm d’eau en 85jours contre une normale de 1320.9mm. Le maximum a été recueilli à Dabola avec 1516.6mm en 77 jours et le minimum à Kouroussa avec 931.1mm en 78 jours.

 

Guinée-Forestière : La zone forestière a enregistré en moyenne 1886.3mm en 137 jours contre une normale de 1720.4mm ; Macenta a été la zone la plus arrosée avec 2817.0mm en 160jours et la moins arrosée a été Lola avec une quantité de 1425.2mm en 117 jours

Phénomènes météorologiques enregistrés :

D’une manière générale, les activités pluvio-orageuses de cette année ont été plus ou moins intenses à travers tout le territoire national occasionnant d’importants dégâts matériels.

- Passage d’une ligne de grains à 15h30mn dans une mine d’or à 4 km de la ville de Mandiana causant des dégâts humains dont un mort et 7 blessés.

- Passage d’une ligne de grains à Mandiana avec une décharge électrique tuant deux taureaux.

- Passage d’une ligne de grains de direction Est de 18 à 20 m/s à Siguiri décoiffant plus d’une vingtaine de maisons et causant d’importants dégâts matériels dont deux concessions calcinées par la foudre.

- Passage d’une ligne de grains à Fria accompagnée de grêles causant d’important dégâts à 5km de la ville dans la localité de Döttè dont une dizaine de bâtiments décoiffés et des blessés importants.

- Passage d’un grain à Boussoura dans la préfecture de Koundara provoquant la mort d’un enfant.

- Passage d’une ligne de grain à Kissidougou d’une vitesse estimée à 20m/s dans le quartier de Limanah dont : 7 moutons et 6 porcs disparus ; dix maisons décoiffées et des arbres déracinés.

Passage d’une ligne de grain accompagnée de décharge et de foudre dans la sous-préfecture de Lay-Miro à Pita provoquant la mort de: six personnes ; quatre jeunes foudroyés avec des brûlures sur le corps.

A Ley-Djoyé dans la même préfecture 6 personnes issues d’une même famille ont trouvé la mort et deux autres blessés graves.

- Passage d’une ligne de grain accompagnée de vents forts ayant causé deux morts à Bareing.

- A Kérouané, passage d’une ligne de grain accompagnée d’un vent violent estimé entre 20-25m/s causant des dégâts matériels importants dont cinq habitations décoiffées, plusieurs troncs d’arbres déracinés.

- Dans la préfecture de Kissidougou précisément à Korödou, deux élèves ont été victimes de la foudre qui les a frappé à l’abri d’un arbre.

- Eclipse lunaire observé ce jour 20 Novembre 2002 à Kankan aux environs de 19heures

 

Etat des cultures :

Koundara : Cette année la campagne agricole 2002 a été caractérisée par d’intenses travaux agricoles ; de Janvier à mi – Mars 2002, les paysans se sont consacrés à la culture maraîchère. La récolte a été appréciable excepté l’oignon qui a connu des pourritures dues à des champignons ; de la fin Mars au 31 Mai 2002, cette période a connu des travaux de défrichement, de nettoyage et quelques brûlis en vue de préparer la période de semis.

Habituellement le mois de Juin est celui consacré au labour et au semis des céréales, mais malheureusement cette année, Koundara a enregistré un remarquable déficit pluviométrique perturbant ainsi le calendrier de semis. Les quelques semis effectués ont souffert d’un flétrissement dû au manque de pluie.

Vu toutes ces anomalies, c’est seulement 50% des producteurs qui ont pu participer activement à la campagne agricole avec un rendement en dessous de la moyenne .

 

Kindia : La campagne agricole dans la préfecture de Kindia s’est déroulée dans les conditions plus ou moins appréciables.

-         Le maïs : Culture qui est la toute première se trouvait en état d’épiaison depuis le premier semestre. Elle n’a pas subit d’attaque, et mieux encore la végétation présentait un bon signe de réussite au moment de la récolte.

-         La culture arachidière : se présentait de la même façon. Les gousses se sont développées au mois de Mai. Pour le moment il n’y a aucune anomalie à signaler.

-         La Riziculture : se présente  sous deux aspects :

1-      Le riz de montagne : semé à la volée en fin Mai, la levée n’a pas été perturbée ni par les insectes , ni par la sécheresse prolongée.

2-      Le riz irrigué : En état de pépinière au premier semestre ; la récolte a été très prometteuse malgré quelques aléas climatiques.

-         Pour la Gamme des tubercules à savoir : le taro, la patate, le manioc, il est intéressant d’affirmer que la récolte a été très bonne car les tubercules récoltés ont atteints des tailles fort appréciables.

Voici quelques estimations après les récoltes en riziculture denrées de base pour les populations.

 

 

Variétés

Tonnes/hectares

 

Dalfodé

De 800kg à 1tonne/ha

Riz de coteaux

Seydouba

De 500kg à 1tonne/ha

 

Kalagué

De 700kg à 1tonne/ha

Riz de bas-fond

CK73

1 à 3tonnes/ha

 

CK28

1 à 5tonnes/ha

 

Précisons que la rupture instantanée des pluies a sensiblement réduit les récoltes en rizicultures pour les variétés tardives ; mais il n’y a pas eu d’attaques d’ennemis ou de maladies cette année.

 

Coyah : Suite à une pluviométrie annuelle accusant un déficit rare, la campagne agricole 2002 n’a pas répondu à l’attente des paysans en cultures de riz de montagnes et de coteaux à cause des perturbations pluviométriques enregistrées en période de semis et de floraison.

Au niveau des plaines et bas-fonds, les récoltes ont été plus importantes malgré la remontée saline ; une question qui suscite de l’inquiétude au niveau des paysans et  des différents ONG évoluant dans la contrée.

Dans le secteur des Eaux et Forêts, le niveau des cours d’eau laisse à désirer et la campagne de reboisement a été compromise.

Pour le secteur de l’élevage, il faut cependant noter les gros efforts des services techniques de l’élevage dans les opérations de vaccination qui ont pu réduire les foyers de Charbon symptomatique 

 

FARANAH : La campagne agricole 2002 a connu un retard dans la majorité des cas à cause du retard pluviométrique . Le riz des plaines ensemencé au mois de Mai a fait quelques deux à trois jours sans qu’une goutte de pluie ne tombe. Les paysans sont très inquiets parce que les précipitations sont irrégulières et si cette situation continuait, l’apparition des chenilles serait possible.

Mais il faut avouer que le début de cette campagne est promettant malgré quelques aléas de la nature. Le riz des plaines a très bien poussé. Le maïs et l’arachide ont également bien réussi. Il n’y avait aucune maladie des cultures en général.

La DPDRE après une enquête faite, a dénombré :

Riz : 1.002 ha pour l’unité militaire ; 26.300ha pour les agriculteurs ( Détenteurs de tracteurs et charrues ). Les enquêtes sont en cours pour évaluer le nombre d’hectares réalisés en maïs, arachide et fonio. A la fin de la campagne agricole, quelques 40.000 hectares de plaines et bas – fonds ont été mis en valeur ( selon la DPDRE ).

  Forécariah : Dans la Préfecture de Forécariah, la campagne agricole a connu certaines difficultés à cause de quelques anomalies constatées au niveau des digues servant de ceinture de protection autour des périmètres aménagés dans les îles de Kaback, Kakossa et Benty d’où les occupants étaient tenus obligés de fournir un grand effort pour dégager les eaux salées qui affectent dangereusement la récolte ; aussi quelques cas de maladies et la présence des ennemis ont sensiblement joué sur le rendement du riz.

Cette année les services techniques de l’agriculture ont fait sillonner sur le terrain les agents et techniciens de la protection des végétaux pour le traitement des cultures de riz dont le rendement est déjà promettant.

Pour les autres cultures tels que le maïs, l’arachide, le manioc, la patate etc.… ont aussi reçu le même traitement et surveillance phytosanitaire dans certaines localités ce qui fait que cette année au niveau de ces cultures le rendement a dépassé la constance remarquable de la récolte dans la Préfecture.

Les rendements de la culture du riz dans les coteaux et dans les plaines non aménagées, d’après les enquêtes ont été de 700 à 1000kg/ha ; alors que dans les plaines aménagées les rendements ont varié entre 1500kg à plus de 2000kg et voir même plus si les digues de ceinture fonctionnaient bien . C’est pourquoi il est intéressant d’observer une surveillance phytosanitaire, la maintenance et l’entretien des digues pour les îles.

En conclusion la campagne agricole 2002 a été une réussite dans les îles grâce aux efforts conjugués des paysans, à la bonne répartition pluviométrique et surtout à la persistance des dernières pluies qui ont beaucoup contribué au drainage des eaux salées et le dégagement des dépôts de sels sur les cultures.

Dans les autres sous-préfectures, la campagne agricole a été excellente avec l’aide des ONG évoluant un peu partout dans la Préfecture.

Dubréka : Dans les trois eco-systèmes qui composent les zones agricoles de la Préfecture de Dubréka la situation se présente comme suit :

-         Mangrove : Il n’y a pas eu d’inondations sauf la présence des crabes, l’enherbement et la remontée saline qui ont perturbé le rendement.

-         Pied de montagne : Malgré l’érosion il n’y a pas eu de perturbation climatique.

-         Bas-fonds : C’est le non aménagement des bas-fonds d’où la non maîtrise de l’eau, le manque d’engrais qui ont quelques peu dérangé le rendement.

Dynamique de production des principales cultures vivrières à Dubréka :

 

Cultures

Superficies réalisées ( ha )

Rendement obtenu (tonnes)

Riz

38.906

69.504

Maïs

273

404

Fonio

479

367

Arachide

3857

5026

Manioc

12721

72.616

 

Elevage : Zone à vocation agropastorale, les éleveurs sont pour la plupart sédentaires ; pendant cette année, il y a eu une bonne croissance du cheptel par rapport aux autres années passées. Seulement quelques foyers de maladies ont été signalés dans certaines localités

-         Charbon symptomatique : signalé dans les localités de Khorira, de Falessadé

-         Peste de petits ruminants : Dans les sous-préfecture de Baguéyah, Bady, Faléssadé, Tanènè et Khorira

-         Charbon bactérien : Dans la sous-préfecture de Tanènè.

-         Pasteurellose : A Tardou 

Dabola : La campagne agricole a commencé un peu tard à Dabola. Compte tenu du retard des premières pluies, les opérations culturales ont commencé tardivement ; ces perturbations pluviométriques ont occasionné quelques dégâts observés au niveau de certaines cultures

-         Riz de plaine : Inondation sur semis tardif

-         Quelques attaques des termites sur les cultures de coteaux ( riz, maïs et fonio ) dû à l’arrêt brusque des pluies au mois de Juin et aussi de l’envahissement des cultures par des mauvaises herbes.

A signaler que c’est à partir du mois de juillet qu’un gain d’espoir a vu le jour avec des quantités de pluie importantes et bien reparties ; ce qui a permis aux différentes cultures d’assurer un bon développement avec un rendement remarquable

Elevage : Quelques maladies tels

grâce à l’abondance et à la bonne répartition dans le temps et l’espace au courant du deuxième semestre que le reste de la campagne agricole s’est déroulé dans de bonnes conditions. Par manque de données statistiques, le rendement à l’hectare des différentes cultures serait satisfaisant car pendant toute la durée de la campagne agricole il n’a pas été signalé l’envahissement des différentes cultures par des insectes nuisibles et des maladies.

     Impact sur l’agriculture :

Compte tenu de la physionomie générale de l’hivernage de cette année 2002, les perturbations pluviométriques constatées dans la quasi-totalité des zones agricoles du pays ont sérieusement mis en cause le calendrier agricole habituel pour les semis cela jusqu’au mois de Juin. C’est seulement au mois de Juillet que le gain d’espoir a vu le jour chez les paysans très inquiets pour le reste du déroulement de la campagne agricole. Les conditions d’alimentation hydrique se sont beaucoup améliorées surtout à partir de la 2ème décade de Juillet . le bilan hydrique des cultures est resté normal à excédentaire favorisant pour la plupart des cultures déjà mises en place, une meilleure croissance et un bon développement. Par ailleurs les autres paramètres météo tels que la température, l’humidité, l’insolation, le vent qui conditionnent également la croissance et le développement des plantes sont restés dans les normes acceptables.

La pluviométrie enregistrée au cours de cette saison  a été suffisante pour la satisfaction des besoins en eau des cultures pratiquées et les perspectives de récolte ont été en général favorables du fait que presque toutes les régions agricoles du pays ont été suffisamment arrosées par des pluies régulières et assez bien réparties depuis la dernière décade de Juillet.

Impacts sur l’énergie :

Le déficit observé au cours de cette saison hivernale dans les zones de barrage a suscité                  des manques à gagner dans le remplissage des retenues d’eau et des barrages hydro-éléctriques ; ceci pourrait entraîner quelques perturbations dans la production de l’énergie hydroélectrique et dans la fourniture de l’eau potable aux populations urbaines pendant la saison sèche.

                                              

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