La saison de pluies 2005 en Guinée :

 

Les paramètres météorologiques observés ou mesurés sont nombreux et variés, toute fois la pluie reste l’élément le plus important dans les régions tropicales parce qu’ayant le plus grand impact sur la vie quotidienne des populations qui sont en grande majorité rurales.

 

Il faut savoir qu’à travers cette réalité, la météorologie nationale fournit des informations sur les précipitations en mettant l’accent sur l’analyse des hauteurs de pluie, la répartition spatiale et temporelle ainsi que le début et la fin de la saison. Dans cette approche on indique les zones excédentaires, déficitaires et normales.

 

Le mois d’Octobre coïncide généralement à la fin de l’hivernage en Guinée. Bien que quelques gouttes aient été enregistrées au début et à la fin de la saison particulièrement dans la  région maritime et la région forestière, on peut affirmer que la saison des pluies 2005 a presque commencé à partir de la 2ème décade d’Avril sur la majeure partie du territoire. Quant à la saison culturale au cours de laquelle sont pratiquées toutes les activités agricoles, elle dure de Mai à Octobre. En général c’est pendant cette période que plus de 90% de la pluviométrie annuelle enregistrée tombe dans le pays.

(voir carte N°1)

Ainsi les quantités de pluie enregistrées du 1er Janvier au 31 Octobre serviront de base  à la présente analyse.

A travers le territoire national, les hauteurs de pluie tombées du 1er Janvier au 31 Octobre ont varié entre 4270.5mm en 133 jours à Conakry et 1144.9 mm en 105 jours à Kankan.

 

Par régions naturelles, les précipitations se sont réparties comme suit :

Basse-Guinée :  Zone à forte pluviosité, il est tombé dans cette région une quantité moyenne de 3228.7 mm d’eau en 109 jours avec une hauteur maximale de 4270.5 mm en 133 jours à Conakry  et une hauteur minimale de 1911.6 mm en 155 jours à Kindia.

Moyenne-Guinée : Avec une quantité moyenne de 1523.4mm, il est enregistré dans cette zone montagneuse une quantité maximale de 1705.5 mm en 154 jours à Dalaba et une quantité minimale de 1161.0 mm en 95 jours à Koundara.

Haute-Guinée :Cette localité a enregistré une quantité moyenne de 1322.7 mm avec une quantité maximale de 1549.6 mm en 100 jours à Faranah et une quantité minimale de 1144.9 mm en 105 jours à Kankan.

Guinée-Forestière : La zone forestière quant à elle a enregistré 1992.7 mm comme quantité moyenne avec un maximum de 2300.1 mm en 129 jours et un minimum de 1753.6 mm en 172 jours à N’Zérékoré.

Comparaison par rapport à la normale et à l’année dernière 2004 :

Ainsi à titre de comparaison, ces valeurs recueillies cette année ont été comparées  à la moyenne de 30 ans et aux valeurs de 2004.

La saison des pluies 2005 a été d’une manière générale excédentaire à normale sur l’ensemble du territoire national en comparaison avec la référence climatologique (1971-2000). Toute fois les hauteurs de pluie tombées ont été excédentaire en Basse-Côte avec plus de 20% à Dubréka, mais normale à Fria et Kindia.

Au Fouta, elles ont été déficitaires à normales. Le déficit a été observé à Mamou ( -8%) ; Labé et Bareng ont enregistré les valeurs les plus fortes 26% et 12% respectivement tandis que Koundara et Dalaba ont affiché des valeurs normales (4% et 1%).

La Haute-Guinée ou la savane a presque les mêmes particularités que la Moyenne-Guinée ; les hauteurs sont restées déficitaires à normales. Le plus fort déficit s’est retrouvé à Kankan  et Dabola (-20% et -10%) et légèrement à Mandiana (-6%) alors que Faranah – Siguiri et Dinguiraye sont normales.

La zone forestière est restée excédentaire avec un maximum de 52% à Beyla ;toutefois N’Zérékoré a présenté une allure normale. (Voir carte N°2)

 Cette année les pluies ont été régulières dans l’ensemble sauf à Dinguiraye – Lola et Beyla qui ont enregistré moins de jours de pluie.(voir carte N°3)

Comparativement à l’année dernière, la pluviosité de la saison 2005 a été dans l’ensemble excédentaire à normale malgré quelques poches de déficit observées dans certaines localités. Les déficits les plus marqués ont été enregistrés en Haute-Guinée notamment à Kankan (-19%), Dabola (-20%) et en Moyenne-Guinée (Koubia –16% et Mamou –13%).

Le maximum d’excédent a été observé à Forécariah (30%) et Beyla (34%).( Voir Carte N°3)

 

Evolution de la saison pluvieuse 2005 : 

Mai :  Le mois de Mai est généralement considéré comme le début de la saison pluvieuse en Guinée. Selon le calendrier agricole, il est considéré comme date de début de la saison culturale dans la majeure partie du pays. En effet, seule la zone forestière enregistre très tôt des quantités de pluie importantes avant cette date. La situation pluviométrique au cours de ce mois a été caractérisée par des manifestations pluvio-orageuses intéressant une bonne partie du pays. Elle a été excédentaire partout sur le territoire national à l’exception de Kankan qui affiche des valeurs déficitaires.

Juin : Même situation que le mois de Mai, tout fois les quantités de pluie enregistrées ont été significatives par rapport au mois de Mai. La répartition pluviométrique a été excédentaire partout exception faite à Kankan et Pita (Bareng) où des déficits ont été signalés.

Juillet : Ce mois a été caractérisé par une intensification du régime pluviométrique se traduisant par des excédents bien remarquables sur la quasi-totalité du territoire national ; tout le pays a été suffisamment arrosé sauf à Kankan et Pita (Bareng).

Août : Le mois d’Août correspond sur le calendrier agricole à la période franchement humide où les besoins en eau des cultures en état de végétation sont pleinement satisfaits. L’allure pluviométrique de ce mois a été normale à excédentaire sur tout le pays. Toutefois des petites poches de déficit non significatives ont été décelées à Kankan et Dabola.

Septembre : Le déficit au cours de ce mois a été moins marqué sur tout le territoire ; la tendance pluviométrique a été normale à excédentaire. On note un excédent sur le long du littoral et dans la zone forestière, normale sur le reste du territoire.

Octobre : Mois qui marque en général la fin de l’hivernage à l’exception de la zone forestière. La situation pluviométrique se caractérise par une allure excédentaire dans la zone forestière et une partie du littoral et normale sur le reste du territoire à l’exception de Kankan – Dabola où des poches de déficits ont été signalées.( Voir Graphique en annexe)

 

Calamités provoquées par des phénomènes météorologiques exceptionnels :

 

L’année 2005 a été particulièrement marquée par les pluies précoces dès Février–Mars, intéressant la majeure partie du pays avec des quantités importantes atteignant 181 mm en 5 jours à Macenta en Février. Cette situation a provoqué des dégâts sur les cultures de pomme de terre et autres activités

La région forestière n’a presque pas connue de saison sèche car des pluies ont été enregistrées dès Janvier avec 48 mm à Lola en 3 jours.

D’autre part, le début de la saison pluvieuse a été marqué par des manifestations pluvio-orageuses assez violentes . Ainsi dans certaines préfectures on a noté la destruction de nombreuses habitations, des arbres déracinés, des fils électriques coupés et des pertes en vies humaines.

De nombreux déracinements des arbres le long de certaines artères à Conakry, les coupures fréquentes du courant sur les lignes électriques dues aux manifestations orageuses surtout en fin de soirée et au cours des nuits

Par endroits les rafales de vent ont atteint des vitesses de 80 Km / heure. C’est le cas de Boké, Kissidougou, Bareing (Pita), Labé, Kankan causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels.

 

Conclusion :

 

Sur le plan agricole, la précocité de la pluie a failli perturber le démarrage de la saison culturale dans certaines régions. Compte tenu du caractère de l’hivernage de cette année, les conditions d’alimentation hydrique se sont beaucoup améliorées pour les cultures en majorité en phase de maturation suivant le calendrier agricole. Les besoins en eau des cultures ont été couverts dans l’ensemble grâce aux importantes réserves hydriques.

 

Dans le cadre des ressources en eau, on peut noter que les zones de barrage ont été arrosées à la limite de la normale, à l’exception du bassin de Garafiri où on a noté des déficits de près de –10% à Mamou

Par rapport à la moyenne climatologique (1971-2000), les préfectures de Labé, Dalaba, Kindia qui alimentent les barrages de Kinkon, et Samou présentent une situation normale à excédentaire variant de 1% à Dalaba, 2% à Kindia, et 26% à Labé.

Dans les bassins alimentant le barrage de Tinkisso on note par rapport à la moyenne des 30 années une situation déficitaire à normale avec –10% à Dabola, 2% à Dinguiraye, 3% à Faranah.

   

variation décadaire de la pluie cumulée en 2005 

            (Conakry, Labé, Kankan, NZérékoré)